Projets spéciaux

LA SOCIÉTÉ DE SAINT-VINCENT DE PAUL S’INSTALLE DANS LE GRAND NORD.

La région de l’Ouest comprend l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, ce qui représente une grande partie du Canada. Le Nord est ni plus ni moins le tiers-monde du Canada. Ici, la majorité de la population se retrouve souvent sans travail et vit dans la pauvreté. La SSVP a eu l’immense privilège de fonder deux nouvelles Conférences dans le Grand Nord; l’une à Tuktoyuktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest et l’autre à Gjoa Haven, au Nunavut. Ces deux Conférences sont situées sur les rives de l’océan Arctique.

La terre est désolée, mais le paysage est fascinant; le climat est froid et difficile, mais les gens sont chaleureux et affectueux. La vie est simple et cependant, remplie de défis. Lorsque j’ai visité Gjoa Haven, j’ai rencontré un peuple de gens imprégné d’une foi profonde et fin prêts à s’aider les uns les autres par l’entremise de la Société de Saint-Vincent de Paul. Je suis certaine que l’expérience de Lynn L’Heureux à Tuktoyaktuk s’est avérée similaire.

Ce sont les enfants qui m’ont vraiment touchée. Ils sont si curieux de savoir d’où je viens, qui sont les membres de ma famille, quels sont leurs noms et si je vais revenir les voir à nouveau. Nous avons colorié ensemble, prié ensemble, et j’ai même eu l’occasion de leur raconter l’histoire de Saint Juan Diego et de Notre-Dame de la Guadalupe. Un jour pendant notre visite, Gjoa Haven a été assaillie par un blizzard et l’école est demeurée fermée. À Gjoa Haven, l’école n’est pas seulement un endroit d’apprentissage, c’est aussi là où plusieurs enfants reçoivent leur seul repas de la journée : un petit déjeuner nourrissant. Mais pas ce jour-là. Nous nous préparions à passer une journée tranquille à la mission lorsque deux jeunes garçons se sont présentés à la porte. Ils avaient marché de l’école à l’église en espérant trouver à manger. Nous les avons nourris et avons sorti les crayons de couleur et le papier. Bientôt, d’autres enfants sont arrivés, et d’autres encore.

La situation est semblable à Tuktoyaktuk, peut-être même plus triste. Gjoa Haven est une communauté « sèche », alors que Tuktoyaktuk ne l’est pas.

Il est très peu probable que les deux Conférences deviennent auto suffisantes sur le plan financier. Les gens des deux communautés sont prêts à partager leur temps et leurs habiletés pour aider les pauvres, mais ils auront besoin d’une aide financière.

Nous tentons actuellement d’aider nos confrères et consœurs de Tuktoyaktuk à obtenir et équiper un magasin d’occasion très attendu. Il est plus facile de le faire au milieu de l’hiver, au moment où la route de glace facilite le transport des biens. On doit acheter du bois, divers matériaux de construction et une chaufferette, louer un camion pour apporter le tout à Tuktoyuktuk et payer pour l’essence. Nous disposons aussi d’une grande quantité de vêtements et de fournitures donnés, à transporter en même temps que les matériaux de construction, pour équiper le magasin. On aura vraisemblablement besoin d’environ 30 000 $ pour réaliser ce rêve au profit des habitants de Tuktoyaktuk. Nous avons réussi à recueillir 8 000 $ jusqu’à maintenant. Nous espérons pouvoir monter dans la Nord vers la mi-février.

Les Conférences ont aussi besoin d’une aide continue. La Conférence de Gjoa Haven vient tout juste de commencer un programme de lunch du samedi au profit des enfants d’âge scolaire, pour assurer que les plus indigents aient un bon repas au moins une fois par jour. L’école fournit un petit déjeuner nourrissant du lundi au vendredi et il y a un souper communautaire après la messe tous les dimanches. Le programme du samedi fournit de plus un petit revenu à trois femmes qui préparent le lunch.

Il en coûte 30 $ pour acheter 10 kg de farine à Gjoa Haven et le sucre est aussi cher. Le lait coûte environ 6 $ le litre. Nous espérons pouvoir envoyer de la nourriture et de l’argent le plus régulièrement possible. Sœur Fay et Sœur Dorica se dévouent corps et âme à aider les Vincentiens qui viennent en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Ils y arrivent tant bien que mal, avec l’aide de Dieu.

Il est tellement extraordinaire ces jours-ci de partager l’esprit de la Saint-Vincent de Paul en Arctique. Si je pouvais transmettre un câlin de la part d’un de ces enfants, je le ferais volontiers. Je joins une photo en remplacement.

Je demeure votre consœur dans le Christ,

Pat Bennetto, présidente

Conseil régional de l’Ouest

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